Parfois, j'ai une impression de passer complètement à côté de tout.
J'ai l'impression d'avoir vécu dans une illusion totale, et je m'aperçoit, des années plus tard, que je me suis complètement plantée.
Enfin je dis ça par rapport à certains textes du blog, le genre adieux-déchirants-de-la-fin-de-la-terminale. C'est vrai que c'est tragique de quitter la terminale. Insurmontable même.
Putain.
Oui, je sais c'est vulgaire, mais c'est ce que j'ai envie de dire.
Presque 2 ans sans écrire.
En fait, ce qu'il y a, c'est qu'un milliard de choses se sont passées entre les 2. Je suis rentrée à la fac, au début c'était super, et puis après j'ai un peu déprimée, j'ai voulu faire autre chose, et puis finalement je suis restée à la fac.
Enfin ça c'est la version courte.
J'aurais aimé pouvoir tenir un blog, un vrai blog, un blog lu, et tout... Mais voilà, je crois que c'est pas mon truc. ça aurait pu marcher, mais en fait non.
J'ai bientôt 20 ans. Dans quelques jours. J'ai même pas envie de réflechir à l-étape-cruciale-du-cap-des-20-ans, trop prise de tête.
Il arrive un moment dans une vie où toutes les certitudes volent en éclat. J’étais sûre de tout, sûre de moi et de ce qui m’arrivais. Jusqu’à maintenant. Je savais exactement ce que j’aimais, et surtout ce que je haïssais. Je ne voyais que très vaguement ce qui m’attendait.
Et aujourd’hui, on a beau dire que 18 ans c’est différent et puis réaliser que ce n’est rien, il n’empêche que, la seule chose que j’ai fait c’est de devenir majeure, et dès lors tout m’est apparu comme clairement. Comme si la seule façon d’envisager mes 18 ans déterminait toute ma vie d’adulte. J’ai peur, de la fac, de la vie, de la majorité. Et cette peur produit un choc en moi, une prédisposition à devenir adulte, quelque chose en moi qui dit: « Alerte, c’est l’heure d’être adulte !». Comme une urgence de responsabilités. Tout ce que je fais a des conséquences à présent. L’impression d’être lâchée dans un monde où plus rien ne nous est épargné. Où plus personne ne nous protège, où les adultes n’existent plus.
Tout ce que je croyais a été effacé par le temps. Il ne reste plus rien de la personne que j’étais. Je pensais qu’adulte je ferais toutes ces choses qui m’étaient interdites, que je voulais faire mais que je ne pouvais pas. Et pourtant, si maintenant je peux effectivement, je ne les fais pas. Tout a changé. Ce que je veux est différent, je me prépare à être une adulte totalement étrangère à celle que je pensais être quand j’avais 14 ans.
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Je m’aime.
De manière exagérée, je m’aime.
Je m’adore pour ce que je suis. Certes, parfois je me déteste, ou simplement je m’aime moins. Mais c’est de toute façon une forme puissante de sentiment envers moi-même, puisqu’à aucun moment je ne me suis indifférente, ce qui est bien pire que la haine. D’un côté, ce sentiment me faisait du bien parce qu’il contrastait avec des années d’adolescence difficile où je me détestais sans ménagement. De l’autre, je le trouvais exagérément égocentrique et narcissique. Cependant, cela n’a jamais fait de moi quelqu’un d’égoïste mais seulement quelqu’un de confiant et bien dans sa peau.
Et puis un jour, j’ai entendu Robert Hossein dire qu’à 20 ans on était mégalo. Cela m’est apparu rassurant au premier abord, mais pourquoi être mégalo à 20 ans ?
Pourquoi suis-je, moi, aussi égocentrique ? Alors que j’étais introvertie et sûre de le rester toute ma vie et qu’adolescente je me détestais ?
La réponse pour moi est justement là. Dès que je suis devenue adolescente, vers 11-12 ans j’ai perdu tous mes repères parce que j’ai été effrayée de devenir plus que quelqu’un d’autre, simplement quelqu’un. La personne que je devenais je la détestait déjà parce qu’elle ne ressemblait à rien de ce qu’avait imaginé mon âme d’enfant. À 14 ans, de m’être trop détestée je ne ressemblais plus à rien. Et quand l’orage fut passé, à 15-16 ans, j’ai dû créer une personne, une vraie, une qui prendrait en compte ces bouleversements adolescents. Et à 18-20 ans, quand fut créée cette personne, qui fut bien plus que ce que j’avais imaginé, parce que réelle et adaptée à cette vie, je me vis alors dans l’obligation d’aimer cette personne. De tout ce que j’avais crée dans ma vie, c’était de loin la plus grande chose.
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Toutes ces choses que j’écris me donnent l’impression d’exister et de vivre en accord avec moi-même, je trouve des vraies réponses et des explications aux questions inutiles que je me pose. Je cherche éternellement dans le passé les réponses. Et l’exposé très clair de mon passé me donne l’impression de pouvoir avancer encore sans devoir me retourner sur des acquis. Je me sens libérée des choses inexpliquées et sans vraie importance de ma courte et déjà complexe vie.
Soudaine envie d’écouter les beatles. Je ne sais pas pourquoi.
Je suis extenuée, il y a une durite qui a pétée dans mon crâne. Trop de concentration à cause de la conduite. C’est tellement intellectuel d’apprendre à conduire que je me suis épuisée à la tâche. Je suis complètement larguée. J’en ai mal à la tête et je n’arrive rien à faire.
Je suis très exactement au moment que je redoutais cette année, la fin de l'année. J'ai dit adieu -enfin pas vraiment, mais c'est tout comme- aux gens de ma classe, et je suis en vacances à attendre bêtement mes résultats de bac. Je voyais cette période comme détestable, et pourtant, bien que je n'ai aucune idée de ce que je vais faire l'année prochaine, je vais bien. Et je me sens d'humeur bien plus positive que certains jours auquels j'ai posté une note sur ce blog.
Comme quoi, j'exagère toujours.
J'ai donc pris la décision de sauver ce blog, parce que je m'aperçois qu'il m'est utile, et que ce serait idiot d'en faire un nouveau.
Quand je relis mes notes du blog, je m'aperçois d'un sentiment particulièrement négatif. Je ne sais pas vraiment si il reflète mon humeur véritable des jours où j'ai écrit.
J'ai reçu hier matin, une lettre de l'assurance maladie me délivrant mon numéro de sécurité sociale. Je n'ai pas 18 ans, que je dois déjà choisir entre le centre 601 et le centre 617 pour ma garantie obligatoire d'assurance maladie... Ca illustre tout de même bien ce que représente la majorité et le début de l'âge adulte aujourd'hui.
C'est dérisoire, ironique. Je suis -presque- adulte et avant d'avoir à décider de ce que ma vie sera, il faut d'abord que je choississe un centre de sécurité sociale.
C’est frustrant cet instant de la vie où l’on est lâchés dans le vide de la réalité oppressante. Je suis bientôt majeure, je sors du lycée, et déjà je suis au cœur de ma réalité d’existence adulte. C’est l’école qui fait ce décalage: on sort brutalement de l’enfance à 18 ans, à la sortie du lycée. Je suis rentrée à l’école à 3 ans, j’en ressors aujourd’hui et je suis instantanément face à la réalité. J’ai vécu les 15 mêmes années de scolarité, l’école nous laisse dans un carcan d’enfance qui nous éloigne de ce que la réalité est vraiment. L’école c’est la routine, la facilité et l’encadrement. L’enfance. On nous fait croire que l’on est enfant jusqu’à 18 ans.
On peut suivre, faire commerce parce que c’est bien, ou médecine parce qu’on est en S. Ou chercher l’originalité à tout prix, comme moi. Se perdre parmi les possibilités d’existence que l’on nous offre. Je crois à tout. J’ai 18 ans, rien ne m’est impossible et pourtant j’ai le sentiment d’être déchirée par la possibilité. J’ai devant moi des évidences, des choix vers la routine d’une vie ratée, et j’ai pour moi des idéaux. J’aspire à quelque chose de tellement beau. Je crois pouvoir faire de ma vie quelque chose de monumentalement grand et exceptionnel avec, sous-jacente, cette peur de la médiocrité. Ce qui me hante le plus, c’est cela, le fait de me dire, et qu’on me dise, que j’ai la vie devant moi. Oui, et après ? Je m’en rends bien compte, mais est-ce vraiment bien ? Je suis exactement au moment que je regretterais toute ma vie en me disant : « J’avais la vie devant moi, j’aurais dû. ». Ou peut-être pas, peut-être que jamais je ne regretterais cet instant où j’ai pris la décision de ma vie toute entière.
De toute façon, le regret n’existe que parce que l’oubli existe. Si je regrette de ne pas avoir fait quelque chose, c’est uniquement parce que j’ai oublié que je ne pouvais pas le faire.